Code et Chair : Avant – propos 

par | 23 Fév 2026 | Amis, Livres, Mondialisme, Transhumanisme

Prélude

Le Code et la chair… Le code ou la Chair… Ces deux mots s’affrontent-ils, ou dansent-ils, enlacés ? Une valse éternelle ou un tango macabre ? Un pas de l’oie funeste. Peut-être faut-il remonter le cours sémantique, rendre au mot sa chair, ou plutôt son âme, car l’âme est dans la chair. Qu’est-ce qu’un code ? Deux sens apparaissent. Suivons-les.

Le premier sens est une clé d’accès, un mot de passe, un sésame, afin de déverrouiller ce qui était scellé, irrémédiablement. Mais qu’y a-t-il au-delà de la porte ou par-delà le mur ? La liberté ou l’aliénation ? Le code est-il la clé de la vérité ou celle de l’illusion ? De la liberté ou de l’exil ? Il s’agit alors de désirer la « bonne » porte, et de la discerner. La Porte de la Vie ou celle du néant ? « Devant toi, la vie ou le néant, le bien ou la chute. Aime le Vivant, marche dans sa lumière, et tu vivras ! »[i] Ce n’est pas la prescription absurde d’un dieu totalitaire et jaloux, c’est Un Cœur, au-delà de la loi. C’est un murmure d’amour, écho d’une Parole originelle, perdue, rayonnant par-delà la trame du temps, de l’espace et de l’Histoire, de l’autre côté du miroir obscur, en Lettre de feu : « Ne goûte pas à l’arbre du bien et du mal, car son fruit porte la mort. » (Gn 2:17)

Nous voilà devant cet éternel retour du choix, celui qui se présenta à Adam et Ève au Jardin, en Eden, à travers la parole illusoire du serpent… Et aujourd’hui, encore… Car cet « instant » du choix n’en est pas un. Il n’est pas figé dans un temps révolu, une suite historique, une série causale. Dans l’Eden, nous sommes au-delà de l’Histoire, ou de la préhistoire, par-delà l’espace et par-delà le temps, dans la liberté originelle. L’espace enchaîné au temps, et le temps à l’espace, apparaissent avec la chute, la vie soumise à la gravitation, à l’attraction de la matière – chair, pierre, poussières d’étoiles, lumière – toutes désormais mortelles et corruptibles.

Aurélien Barrau, astrophysicien, ose le dire : « le Big Bang est une pathologie. » Personne jamais n’avait envisagé le Big Bang sous cet angle tragique, celui du traumatisme, de la blessure, d’une rupture, d’une chute, et d’une « naissance » portant déjà la mort. Car en-deçà de cette explosion de vie déjà blessée, par-delà sa chute irrémissible dans une dimension lourde, il n’y avait ni temps ni espace. La matière était tissée d’éternité. Et peut-être l’empreinte de ce qu’elle fut persiste-t-elle au cœur de l’atome, tel le parfum d’une  rose sans pourquoi, comme l’écrit « l’Errant chérubinique », Angelus Silesius.

Là, se dévoile l’autre sens du mot code. Il désigne la clé d’accès, mais aussi l’écriture de tout être vivant, sa « formule » secrète et cachée, ce Souffle qui l’informe au cœur des particules les plus élémentaires. Le code est information pure, préexistant à toute vie, le langage silencieux qui lui donne forme et être. Ce code originel provient d’une Source Unique et éternelle, Alpha et Oméga, Mystère se voilant, se dévoilant… Graal des scientifiques, les véridiques, les purs, en quête de l’Origine qui, Elle, n’en a pas.

Le Code Source est donc Son Verbe Unique. Il tisse les univers, informe tout être vivant – minéral, végétal, organique, spirituel – en extrait l’essence – son âme – afin de le rapatrier à sa Demeure, avant qu’il ne se soit brisé dans l’espace et le temps. Tenter de déchiffrer ce Code, « Mets-Moi comme un sceau sur ton cœur, car l’Amour est fort comme la mort »-ct 8-6[ii], c’est remonter le cours de la vitesse de la lumière, vers le Royaume qui n’est pas de ce monde, mais le traverse de son éternité. Ce Code Source est La Porte, Celle de la Vie. « Moi, Je Suis la Porte[iii], nul ne vient au Principe sans passer par Moi[iv]. » Le Oui d’une Femme en est la clé.

Pourtant, une autre porte, dérobée, obscure, clignote d’une lueur de radium, phosphorique. Elle s’offre à l’homme, au no man’s land de sa conscience, avec sa fausse promesse, un mirage, un slogan, un piège, pour une vie éclatée, monnayée, recensée, sous contrôle, aux étals de la guerre. À l’Origine, il n’en fut pas ainsi.

Le Royaume

« Dans le Principe était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu. Il était dans le Principe et rien de ce qui fut créé ne fut créé sans Lui. » [v]

La lumière est la voie, la lumière est la vérité, la lumière est la Vie. Dieu écrit avec la lumière, la lumière est scalpel. Dieu tranche avec la lumière ce qui est pour la Vie, ce qui va à la mort. La lumière est son Verbe. Dieu sépare avec Sa lumière ce qui est Sa demeure, ou ce qui est abandonné irrémédiablement au néant, car des murs hérissés ont masqué toute faille, traqué toute fêlure, par où aurait pu passer Sa lumière. 

En l’UN, ni fragmentation, ni temps, ni espace. Lumière pure, tel un parfum de rose sans pourquoi. Lumière si pure et si dense qu’elle est nuit… Nuit d’amour inviolée, Amour infiniment nu.

« Même la ténèbre pour Toi n’est pas ténèbre, et la nuit comme le jour est lumière ! » (Ps 138)

Telle était l’atmosphère en Eden. Dieu se promenait dans le Jardin, et Ses pas murmuraient à la brise du soir… comme ils murmureront aux oreilles des prophètes… Élie entendit le fin murmure d’un silence pénétrant… Et Dieu n’était ni dans l’ouragan, ni dans la tempête, mais dans cet infini silence d’une nudité abandonnée à sa Grâce. Élie pleura et lâcha son sabre.

La vie brûlait. Nue. Infinie.

La Chute, fracture originelle

Le Jardin perdu et la séduction de Lucifer

L’arbre de la vie s’offrait au cœur d’un Jardin perdu, et c’est nous qui l’avons déserté, ce Jardin… nous, qui avons claqué la porte de sa joie. « Le vert Paradis des amours enfantines [vi]» scintille désormais, au-delà des hautes murailles d’une Porte inaccessible, arche de l’amour, symbolisée par L’Arbre de Vie au cœur du Jardin d’Eden. Des Chérubins gardent jalousement le code ouvrant l’éternité perdue… Les Chérubins sont les gardiens du code au pied de l’arbre de Vie au cœur du jardin d’Eden, au cœur de la mémoire de cette éternité. « Et l’Éternel posta, à l’orient du jardin d’Éden, les Kéroubim, armés d’un glaive fulgurant, pour garder l’accès de l’arbre de vie. [vii]»  Or, le glaive, dans le langage biblique, c’est la Parole de Dieu, Son Verbe unique. Le code Source. « Il tenait dans Sa main droite sept étoiles, de Sa bouche sortait une épée aiguë à deux tranchants et Son visage était comme le soleil lorsqu’il brille dans toute sa force.[viii]»

Pourquoi, ô Adam, paysan sacré de la terre spirituelle, et Ève, épousée par la grâce de Dieu, avoir goûté à l’arbre de la fracture, dont les racines mortifères plongent dans la cicatrice de la séparation, s’enracinant dans une fraction de la Création prisonnière du Non de Lucifer et des intelligences déchues qui l’ont suivi dans sa chute vertigineuse ? À l’ombre de cette chute, guette le serpent, porteur d’une lumière artificielle, éclatée, corrompue, de plus en plus froide. Sous les racines de l’arbre maudit, ou « mal dit », calcule la mort. Depuis, se déploient les métastases d’un langage perverti, captif du mensonge, séparé de son Verbe originel, la Vérité.

« L’arbre de la connaissance du bien et du mal », susurre le serpent… Mais goûter le mal, c’est goûter la mort. C’est méconnaître. Car connaître, c’est naître ensemble dans la communion de la lumière. En Eden,  l’arbre de Vie  était le Cœur du jardin. En son fruit donné à l’infini, coulait l’amour, le mal ne pouvait y germer. Brûlé, à la racine. Lucifer n’a pas fragmenté la Promesse de cet Amour. Il en a masqué la Porte, truqué le code d’accès, tapi à l’ombre d’un arbre artificiel, tissant et retissant la toile, en réseau, d’une loi totalitaire. Il substitue au Bien absolu, un bien relatif, à l’aune du Mal absolu, opposant à la liberté de la Grâce, un code artificiel, un bien amputé au labyrinthe des circuits du mal. Le bien de Lucifer n’est qu’un moindre mal. Or, en Amour, le Bien, lui, est absolu. Et la Vie, inviolée.

La perte de la lumière

Sous la nuée du Jardin, en Eden, la nudité d’Adam et Ève était glorieuse, leur chair était lumière, l’Amour était son code. Les rayons de la miséricorde les traversaient, les irradiaient, sans les brûler. Leur peau était tissée de la Lumière. Ils avaient Dieu pour vêtement, pour enceinte.

Toute vie, volonté, image, parole, est l’écho lointain de cette Lumière originelle, depuis qu’un fragment de la Création a dérivé vers sa chute, soumise désormais au temps, à l’espace, et à la volonté des anges déchus. C’est le monde, dont l’anagramme est démon, un royaume blessé, soumis à la loi de la gravitation, à l’emprise d’un code fantôme, artificiel et escroc.

Le « Non » de Lucifer fut le code maudit de la méconnaissance. La prédation est l’horizon du monde blessé, le code barre est son crédo, son passe-droit pour l’abîme, son tatouage pour la mort. Comme dans le conte d’Andersen, « La Reine des neiges », le miroir s’est brisé. Le monde se mire dans ses fragments épars. Monde amputé de sa lumière, monde prisonnier de la matière, en exil, arraché à Sa Source. La fontaine de vie n’a pu être souillée mais sa Porte est masquée et le code falsifié.

Sur la cicatrice de la séparation, l’arbre de la méconnaissance a planté ses racines, arbre de l’adoration du mal. Arbre stérile, il plonge ses tubercules de mort par-delà la Porte de la vie, par-delà la frontière de l’Eden, dans une hors-zone. Adam et Ève y pénètrent et masquent leur nudité car la lumière qui les revêtait s’en est allée. L’auréole se déchire sous la peau laissée orpheline. La toison de bête sera leur dot. Adam, le glaiseux, besognera à la sueur et au sang de son âme, et Ève, la vivante, enfantera dans la douleur. Désormais, l’opacité de leur chair appartient à la chute : chair pour le temps, chair pour la mort, chair désertée de son éternité, chair désertée de sa lumière.

« Vous serez comme des dieux », susurre le serpent. Mais Ève était EN Dieu. « Vous serez comme des dieux, vous servirez le mensonge, les idoles, la mort, amnésiques de votre éternité, enfermés dans la matière. Moi, je vous promets l’immortalité sélective, car l’éternité a déserté vos chairs. Vous serez comme des dieux. » C’est la complainte de l’illusion « du monde qu’ils disent nouveau, mais si vieux, comme le diable »[ix], celui des colons de la terre, de la chair, des âmes et du ventre des femmes.

La terre engloutit le ciel. La terre désormais est un Tombeau scellé sur la chair lourde et morte.

Le défi moderne : La lumière artificielle contre la Source

La dé-création et la surveillance

Dans Le Livre d’Enoch, exclu des canons de l’Église universelle et du Judaïsme, mais conservé précieusement dans le canon de l’Église éthiopienne depuis la nuit des temps, une armée d’anges déchus apprennent aux hommes l’artifice de la guerre, la perversion et la violation des frontières des espèces, dont les Néphilims sont les fruits monstrueux. Ce livre interdit résonne, tel l’Écho prophétique de l’in-humanisme – nommé transhumanisme –, profanation de l’Acte créateur de Dieu. Puisqu’au prétexte du miroir maléfique d’un bien « augmenté », réservé aux plus offrants, la conception humaine, le génome et le mystère de la vie deviennent cheptel, capital et monnaie d’échange. Un esclavage indétectable, irrémissible.

Dans l’ombre de la chute, sous l’arbre de la connaissance du bien et du mal, à la frontière de l’Eden, une autre porte s’ouvre, dérobant la chair à la lumière. La Sélection finale est sa solution, pour une humanité sérialisée, conforme et uniforme. Ses armes : amniocentèse, tri préimplantatoire, tri des surnuméraires, tri des indésirables, sélection des pauvres, des vulnérables, des innocents. C’est la dé-création en miroir inversée de celle de Dieu : fabrication en batterie après élevage de cellules souches pour arracher à la chair violée des gamètes de synthèse, édition d’embryons clonés. Les utérus artificiels clignotent dans les laboratoires de la Chine, du Japon, pour sérialiser l’humanité « augmentée », éradiquant toute vulnérabilité.

La fabrication de chimères défie et viole la limite des espèces. Depuis la loi du 2 août 2021, des embryons humains sont insérés dans des ovocytes de singes ou de porcs, la raison invoquée de toutes ces expériences est la fabrication d’organes pour remédier à la pénurie organisée.

Les marchands de la vie artificielle colonisent le ventre des femmes, tels « des bras d’ouvriers »[x], afin de les spolier de leur maternité. Dieu les envisage ; l’internationale eugéniste les défigure. Dieu en fait Son sanctuaire ; les marchands du sexe, un campement pour la mort.

Car leur chair est le lieu du combat : le front où la guerre a été déclarée par les inhumains de l’espèce de Caïn. Depuis que le Verbe éternel s’est incarné dans les entrailles de Marie, afin d’y faire refleurir le Code Source — Memoria Dei, souvenir de la communion, en Eden… La vocation qui nous appelle, au-delà du code artificiel, vers l’infini.

Les thanatocrates[xi] violent le ventre des femmes, tabernacle de la vie. Leur objectif ? Éradiquer, invisiblement, aux frontières de l’humanité, substituer au Code Source un passe-droit sanitaire, financier, à durée limitée. Intrusive, insidieuse, l’extermination se déploie au secret de l’atome, traquant la particule rebelle… Pour le « Meilleur des mondes ».

Une date de péremption marque les indésirables, les malades, les mal-nés, les trisomiques, « Il faut traquer, oui je dis traquer, les embryons porteurs d’anomalies chromosomiques », hurlait Philippe Vigier à l’Assemblée nationale le 15 octobre 2019, lors du vote sur la loi bioéthique.[xii]

L’enfer est toujours pavé des meilleures intentions, faussement « humanistes ». Le code barre est le sceau de l’esclave. L’amour, celui de l’homme libre. Le code de Lucifer est un passe-droit pour la mort. Sa lumière synthétique est celle des éclats atomiques, des bombes à fragmentation, des circuits pulsant l’information et non la communion. La surveillance d’un nouveau totalitarisme hante l’ADN, réseaux métastasant leur toile telle une cage magnétique. Elle sonde nos cerveaux pour les coloniser, cible les nanoparticules, s’insinue au cœur de l’atome pour le dévier de l’Amour. Le code artificiel pirate le Code Source, hacke la mémoire vive du Royaume et y plante le virus d’une mémoire intrusive, obstructive, un mur en réseau occultant la Source, masquant l’horizon où s’ouvre la Porte de la Vie.

Les camps de destruction massive et d’expériences « médicales » invoquant la « science » – l’unité 731 au Japon, ou le projet MK Ultra aux USA – étaient des essais occultes, circonscrits dans des camps, au sein d’unités carcérales. Désormais, le viol des consciences et des corps est industriel, à ciel ouvert artificiel. La déshumanisation est  légiférée, portée par une propagande mondiale, célébrée par les médias sur la scène des marchés planétaires, financée par les laboratoires d’État et les multinationales achetant la conception, la santé, la vie.

Au nom de la sécurité pour tous, des intégristes de la santé ont pris en otage le serment d’Hippocrate. Le Caducée clignote son œil émeraude. Nos vies sont mises à prix, la valeur de nos chairs fluctue, suspendue aux lignes sous haute tension des flux financiers. L’arbre de la méconnaissance du bien et du mal irradie toute vie de sa clarté toxique, arrachant âmes et fleurs sauvages, colonisant l’innocence.

L’illusion du progrès

« Progrès », déclamez-vous, religieusement. Revenons à l’étymologie de ce mot : il s’agit du mouvement d’une planète s’éloignant de son point d’origine. L’homme nouveau qu’annonce le Christ est celui qui retourne à cette Source d’Amour. L’homme moderne est celui qui l’oublie, amputant sa mémoire et sa chair de cette éternité et de cette communion.

C’est la kermesse de la guerre, l’orgie d’extermination invisible au pas de l’oie, ou en blouse blanche, sans odeur et sans traces, aseptisée. C’est l’exultation du sang maquillé désormais d’humanisme. « La Santé » traque le virus de l’anormalité, traque les amoindris, les vulnérables, sous le prétexte fallacieux d’un « bien collectif », réactivant le symptôme archaïque du bouc émissaire qui serait responsable du poids financier impactant le système sectaire et utilitariste.

Le bouc émissaire de ce système corrompu, c’est le germe d’homme, l’embryon, le fœtus,  sans-voix, à qui on dénie l’humanité et le visage. C’est aussi le vieillard, le malade, le sacrifié de Gaza, du Congo, du Yémen, des territoires pillés, en streaming, dans la banalisation du mal de « l’événement génocidaire »[xiii]

Le capitalisme totalitaire collectivise la vie, s’insinue dans l’intime des cellules, pirate la conscience. Le programme eugéniste nazi Aktion T4 est recyclé, il a muté. Son logo arc-en-ciel est le costume glamour de la SS. Ce n’est plus « la mort miséricordieuse » mais la « dignité de la mort ». Vincent Lambert ouvrit le bal des indésirables, dont la civilisation se débarrasse, car leur handicap est « indigne » d’être vécu. Certains députés veulent rendre éligibles à ce « droit à la mort » les sans-papiers, les sans-domicile-fixe, les pauvres. Plus besoin de trace écrite. Exit les témoins, la famille. Exit les décisions collégiales. Un médecin tout-puissant triera seul les élus au droit à la vie et les autres, jugés « dignes » de mort.

Le Planning sanitaire efface les traces, facilite la mise à mort, disparition anonyme, évaporation, au moindre coût. Au diable les antidouleurs ! Au feu les soins palliatifs ! L’alimentation et l’hydratation des matricules en fin de vie grèvent le budget de la santé. Alors, les périmés, les inutiles, mourez assoiffés, dénutris, sous sédation profonde et continue, transfusés au midazolam, tels les damnés du couloir de la mort. Disparaît, chair arrachée à son cœur, car le cœur est l’âme de la chair. Meure, mais sous contrat.

Mise au pas de l’algorithme, la chair labellisée scelle une « civilisation » de contrôle intra-utérin, intracellulaires, intra-atomique, de vivants morts. Les vifs sont désignés comme les anomalies à abattre, avec le consentement des peuples et l’acquiescement de leur conscience colonisée par les marchands du temple de leur corps, colonisée par le virus de l’utilitarisme sans frontières. La contagion génocidaire plante ses métastases et continue sa ronde funèbre. Trois petits tours de piste et puis s’en vont… L’extermination streaming financée par les Gaffa lance paillettes à volonté. Open bar au bal obscène de la communion à la mort. Annoncée, en direct. «Discount ». Commentaires et connexions planétaires.

Mais, l’Amour, lui, est hors contrat. Il est éternel. «L’Amour est Enfant de Bohême, Il n’a jamais connu  de loi. » [xiv]Il se dévoile, par-delà le bien et par-delà le mal, au-delà de toute division. Il Est, infiniment simple, et indivisible. Incorruptible éternit

Marie : La clé de la Rédemption

Malgré ces jeux de miroirs sans tain où les administrateurs de mort observent sans être vus, au cœur de l’atome dévasté, jaillit l’éternité. Dans les failles, entre les barres hypnotiques des codes barres, scintille, par-delà les algorithmes 1/0 échec et mat, le sourire d’une Femme, Marie, clé de la Rédemption. Elle fut la demeure de la Lumière. Cette lumière est l’Amour, Christ, Porte du Royaume. La Vierge en est la clé. Le mot de passe est son Oui, transparence inviolée, où la Lumière, tel un océan, déchira l’horizon de la mort. L’éternité, c’est la mer allée avec le soleil[xv], où flotte, telle l’empreinte indélébile d’une communion perdue, le parfum d’une rose sans pourquoi. L’éternité s’ouvre dans la chair depuis qu’une vierge de Nazareth dit Oui à la Promesse de Dieu, Oui à la lumière qui fend son cœur d’un glaive et son ventre d’une fontaine de vie, et son âme, du Souffle de l’Esprit. Son ventre devient arche, son sein cathédrale, son souffle encens.

Après la Chute, un Chérubin veille — gardien du Code originel, à l’ombre de l’Arbre de Vie. Ses myriades d’ailes déployées protègent jalousement la clé de ce Jardin perdu… Par-delà, l’éternité s’ouvre… infinie, inassible, inviolable. Une équation d’or, expirée par le Souffle de l’Esprit, descend du Ciel sur une Annonciation de Fra Angelico. L’Archange confie ce Code d’or à la Vierge, et son Oui accueille l’axiome divin. Alors la chair devient sanctuaire, et le Verbe s’y déploie comme une lumière scellée.  C’est dans sa chair, consacré par ce Code, que s’accomplit la merveille de la Rédemption, l’unique et ultime Promesse de Dieu, Cœur de l’Alliance éternelle. Abraham, Isaïe, Jérémie entendent les battements de ce Cœur au désert terrifiant du grand Appel de Dieu. Et, soulevant les tables minérales d’une Loi silencieuse, Marie est ce cœur de chair — annoncé par le prophète Ézéchiel — où s’inscrit le Verbe divin. Jusqu’aux profondeurs druidiques de la forêt de Chartres, ce cœur bat, au  mystère d’une grotte consacrée à « la Vierge qui doit enfanter ».

Depuis, toutes les conceptions sont sanctifiées. Le ventre des femmes est un tabernacle. Depuis, le corps est un temple où l’Éternel appelle. Car le Verbe éternel s’unit à toute l’humanité, en la Personne du Christ. Le serpent s’adresse à Ève, non pas parce qu’elle serait plus fragile ou plus influençable qu’Adam, mais parce qu’une Femme de sa descendance, Marie, est le sanctuaire du Verbe de Dieu qui s’incarne en elle.

La mort est le salaire du péché[xvi], affirme saint Paul, le mur dressé entre l’Unique et nous. Transperçons ce mur avec Marie, en Marie, par ses yeux et son cœur et sa foi, par son Oui aux grandes marées du Souffle. Elle, forte comme une armée rangée en bataille, dont l’Enfant-Dieu désarmé est le Capitaine, se dépouille de tout, sauf de son amour. Elle est cette clé, descellant la Porte de la Vie : la Porte du Royaume. « Et le Verbe S’est fait chair et Il a demeuré parmi nous. »[xvii]

Jésus : La Porte de la Vie

«Il était la Lumière du monde et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne L’ont pas saisi.[xviii]»

Ils ne L’arrêteront jamais.

Le Verbe éternel s’est inscrit en la chair de Jésus, comme sur les pages d’un Livre. Sa demeure fut la chair, l’âme et le cœur d’une Vierge de Nazareth. Elle, tissant de sa chair, de son sang, les lignes du Livre – scellé depuis la chute – afin d’y enfanter l’humanité nouvelle, qui, en Jésus et par Lui, sera réinformée, pour la renaissance, le grand Retour à la Source. L’humanité de Jésus est la Page blanche où s’inscrit le Verbe, et Marie, celle qui porte cette Page au monde…

À Jésus, par Marie. Et par Jésus à Dieu. Jésus est la Porte et Marie la clé.

Depuis que Marie a lancé son Oui à l’Ange, a osé ce OuiOui, à la lumière fulgurante qui incendie sa chair… Oui, à la recréation d’une chair transfigurée par l’amour… Oui, à la Rédemption, le Verbe s’est inscrit au cœur du génome de toute l’humanité, au seuil de toute vie, dès sa conception. Désormais, la Terre Promise sera la chair ressuscitée. « Moi, je suis la Porte, Je suis la Résurrection et la Vie »[xix], murmure Celui qui habita sa chair, l’informa de Son Verbe, l’encoda à jamais de la Source éternelle. Alors, le Chérubin gardien de l’Arbre de Vie au cœur d’un Jardin enchanté dépose au pied de Marie son épée flamboyante…Depuis, la Femme est la vestale du code. Il brûle en elle, tel un Feu Ardent.

Mais… elle est aussi la servante écarlate… Son voile déployé est rougi du sang saint des martyrs, des noces de leur sang. Elle pleure le génocide invisible aux larmes interdites. Elle consent. Elle dit Oui aux épines, à la douleur infinie de l’amour donné sans mesure à la démesure d’un don par-dessus tout don.

L’arbre de Vie au cœur de la mémoire perdue, au cœur de l’Eden suspendu, de naissance et d’Adieu, s’est dépouillé des fleurs enfantines pour s’embraser du fruit amer de la Passion. Car ce n’est pas pour rire que Dieu nous a aimés et qu’Il a inscrit Son Verbe dans la chair de l’Enfant de Marie.

JESUS est la Porte. Marie en est la clé. Dieu, le Royaume.

L’arbre de la vie a donné son fruit : la Passion du plus grand amour. Crucifié. Car l’Amour, le vrai, comme l’écrit Céline, « c’est l’infini à la portée des caniches » qui l’ont mis en croix. L’amour a embrassé la croix de la haine, la croix du génocide, la croix de la solution de la mort. L’amour a embrassé la haine pour l’étouffer. « Mort, où est ta victoire, mort, où est ton aiguillon ?[xx] »

L’Amour a mis à mort, la mort.

Epilogue

Il n’y a qu’un sésame, un code unique pour retrouver l’éternité perdue. C’est une femme qui l’a porté au monde dérivant dans la nuit. C’est une femme qui l’a porté au cœur de ses entrailles. C’est une femme qui résista par son Oui à l’entreprise de la mort programmée, par les seigneurs de guerre, les marchands du temple de la Vie, les gourous de la techno-science, les sorciers de la génétique, au service du profit, de la finance planétaire, du viol de l’innocence, dont Christ porte la voix, depuis le Principe, et jusqu’à la fin des temps. Afin que le monde blessé ne sombre pas tout à fait, et à jamais dans l’inhumanité.

« Ce n’est pas mes épines qui me défendent, dit la rose, c’est mon parfum. » [xxi]La rose est sans pourquoi…[xxii] Son parfum, c’est le non-poids de son âme, le grand Oui, l’Alléluia lancé d’un horizon à l’autre. Le Oui de Marie traverse l’horizon de la mort et ouvre le tout premier instant d’une aube nouvelle  lavée et ruisselante du Déluge de la miséricorde de Dieu.

« Elle est retrouvée.

Quoi ? – L’éternité.

C’est la mer allée

Avec le soleil. » [xxiii]

Véronique Lévy


[i] Deutéronome

[ii] Cantique des Cantiques 8-6

[iii] Jean 10 :9

[iv] Jean 14-6

[v] Jean 1-1

[vi] Charles Baudelaire

[vii] Génèse 3-24

[viii] Apocalypse 1-16

[ix], héros de la Vendée François Athanase Charette de La Contrie(1763 – 1796)

[x] « Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence ? »                                                         Pierre Bergé

[xi] Thanatocrates : les fonctionnaires ou bureaucrates  de la mort : néologisme.Thanatos : mort

[xii]. Compte rendu intégral de la séance du 15 octobre 2019, Assemblée nationale, explications de vote sur l’article 4 du projet de loi relatif à la bioéthique (diagnostic préimplantatoire des aneuploïdies, DPI-A). Disponible sur : www.assemblee-nationale.fr.

 [xiii] Maya Habegger

[xiv] Carmen de Bizet

[xv] Arthur Rimbaud

[xvi] Romain 6-23

[xvii] Jean 1-14

[xviii] Jean 1-5

[xix]Jean 11-25,26  « Jésus lui dit: Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. »

[xx] Corinthiens 15-55

[xxi] -Cent phrases pour éventail, Paul Claudel.

[xxii] Angélus Silésius

[xxiii] Arthur Rimbaud

Pin It on Pinterest

Partager cette page

Partagez cette page avec vos amis !