Monsieur le Président,
Je m’adresse à vous non pas depuis le calcul froid du budget sanitaire, mais depuis le seuil d’un abîme anthropologique, ontologique, métaphysique. Je vous écris pour arracher le masque d’un projet de loi qui, sous prétexte de progrès, de dignité, de liberté, est la pierre d’angle maléfique d’une barbarie eugéniste, à visage post humain.
Un « permis de tuer » les plus vulnérables, et souvent les plus singuliers, ceux qui veillent, aux interstices de l’architecture de la mort et ouvrent des failles de liberté.
Mais cette liberté là, les commanditaires recycleurs du stock humain, oui cette souveraineté là, ils veulent la liquider, et induire à la place, une liberté falsifiée.
Sa contrefaçon est une soumission.
Une soumission à la pression sociale du rendement et de la rentabilité des vies. Au désir induit d’effacement, une culpabilité d’être… lorsque le corps ne rentre plus dans l’optimisation de la Santé pour tous.
Une résignation à la pénurie.
À l´absence
Pénurie des soins palliatifs qui parfois n´administrent qu´une sédation profonde et continue pour masquer la torture médicalement assistée de la soif.
Et une absence d´Amour.
Permettez-moi, Monsieur le Président, de vous rappeler votre vocation. Vous portez le prénom d’Emmanuel, qui signifie « Dieu avec nous ». Vous êtes à la tête d’un pays qui n’est pas une zone administrative mais qui s’appelle France.
Et vous devez servir son cœur
Vous ne l’ignorez pas: Franc veut dire libre et Gaule, la Pierre. Et sur cette Pierre aussi, Christ a voulu bâtir son Eglise.
Cette terre fut consacrée dès ses origines à la féminité. Les druides, bien avant l’avènement du christiannisme, rendaient hommage à une “vierge qui devait enfanter”. C’était aux profondeurs de la forêt de Chartres. Aujourd’hui, son voile étend ses ailes, invisiblement, au vif d’une liberté irréductible. car elle ne rime pas avec égalité, mais avec vérité.
C’est dans les profondeurs de nos terres que repose sainte Anne, grand-Mère du Verbe fait chair, dont vous portez le nom… Terre de saint Irénée de Lyon, docteur de l’Unité, Primat des Gaules et arrière-petit-fils spirituel de saint Jean l’Évangéliste, qui reposa sa bouche sur le Sacré Coeur,
Au dernier repas du Roi des martyrs.
Il ouvrit le ciel de l’Eucharistie, Sacrifice non sanglant exterminant à jamais la logique sacrificielle des holocaustes païens.
La France est née dans l’eau des fonts baptismaux; le baptême de Clovis fut un appel mais un Sacre. Celui de la singularité de cette France dont le lys, dans sa pureté native, porta l’étendard aux quatre horizons du monde.
Cette pureté est radicale. Ses racines plongent dans la vérité du Verbe éternel, scellant de Sa chair et de Son sang, cette ultime Promesse : “Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.”
C’est là, une vocation ultime : La vôtre, Serviteur de la France, et de ceux qui en sont la chair.
Chair Vive et réfractaire à l’ordre du nombre.
Vous qui accueillerez bientôt dans notre capitale, mais aussi au creux du rocher où Marie, par delà le dogme de l’Immaculée conception -absence du péché originel-, rappela que la conception humaine est un sanctuaire inviolable… Vous portez une responsabilité devant Dieu et devant les hommes.
Un chef de la Nation n’est pas le fondé de pouvoir d’une oligarchie financière transnationale ; encore moins un thanatocrate liquidateur sous mandat eugéniste.
Un président est un serviteur. Et l’on ne sert pas la France en organisant la suppression de ses enfants les plus fragiles.
Le projet de loi de l’Aide à mourir, rejeté trois fois par le Sénat est un archaïsme qui ne dit pas son nom. Le chemin qui nous mène à cet abîme a été patiemment tracé. En 2005, la loi Leonetti tentait encore de retenir la médecine sur la crête fragile qui sépare le « laisser mourir » du « faire mourir », posant une limite à l’acharnement thérapeutique : violence retenant les corps dans une survie mécanique alors que l’âme a déjà commencé son passage..
Mais la pente était vertigineuse. En 2016, la loi Claeys-Leonetti a opéré le glissement sémantique décisif. Par un tour de passe-passe pervers, l’hydratation et l’alimentation — geste universel de d’humanité, eau amniotique et baptismale qui désaltère et murmure « tu es mon frère » — ont été requalifiées en « traitements ». Dès lors, donner à boire est devenu une option médicale que l’on peut suspendre.
L’affaire Vincent Lambert fut la jurisprudence de l’inhumanité : un homme qui n’était pas en fin de vie, mais lourdement handicapé, condamné à mourir de faim et de soif sous le voile chimique du midazolam. La sédation profonde n’était là que pour occulter l’horreur : sa bouche grande ouverte sur un cri silencieux.
Aujourd’hui, l’étape terminale de cette thanatocratie s’avance sous mandat. La proposition de loi “ Aide à mourir” est une sirène des eaux amères, des eaux sanglantes.
Elle lance l’écume de la « liberté » et de l’« autonomie ». Mais sous le masque de la compassion, c’est l’avènement du capitalisme libéral esclavagiste transnational. Ce projet de loi que vous poussez en force, malgré les trois rejets des sénateurs, est la boîte de Pandore d’un eugénisme d’Etat et d’atmosphère irrémissible.
Entrez dans la vérité de ce texte, Monsieur le Président, et voyez comment la bureaucratie de la mort a tout programmé pour que le crime soit propre, rapide et sans appel.
Un empire sera confié à la solitude d’un seul médecin : lui seul décidera de toute la procédure d’euthanasie, réduisant les auxiliaires à de simples figurants consultés pour la forme, sans même exiger qu’ils rencontrent le patient autrement que par le filtre virtuel d’une visioconférence.
Pour exprimer le désir d’en finir, plus besoin d’écrire : un geste, un soupir, « tout autre mode d’expression » suffira à sceller la mort.
Il suffira que ce médecin affirme seul, dans le secret d’un tête-à-tête sans témoins, que la personne voulait mourir afin que l’engrenage s’exécute.
Ce médecin pourra être inconnu du patient, surgir le jour même de la demande, extérieur à l’établissement et au parcours de vie du patient.
Sous vos yeux s’organise la trahison des plus vulnérables. L’euthanasie est désormais ouverte aux personnes sous tutelle et curatelle, pourtant légalement déclarées incapables de décider de leur propre vie.
Le médecin sera seul juge pour décréter si leur discernement n’est pas « gravement » altéré, une notion volontairement floue que la loi refuse de définir.
Les malades souffrant de troubles psychiques graves, les suicidaires, les mélancoliques ne seront pas exclus du protocole.
Pire encore, nul besoin d’être en phase terminale : une personne à qui il reste de longues années de vie pourra réclamer la mort, alors même qu’elle ne dispose d’aucun droit d’accès à des soins palliatifs, dramatiquement absents dans nos provinces abandonnées.
La loi organise méthodiquement l’omerta et le deuil interdit.
Le médecin pourra légalement refuser d’entendre les proches d’un malade sous tutelle qui l’implore pourtant de les consulter. Il pourra valider la mort immédiatement après sa parodie de consultation, sans second examen clinique, sans auscultation ultime, en n’accordant au malade qu’un simulacre de réflexion de deux jours.
En soixante-douze heures, la vie d’un homme peut être liquidée.
Et pendant ce temps, les familles sont tenues dans l’ignorance volontaire,, privées du droit d’être informées de la procédure en cours, condamnées à ne découvrir le drame qu’une fois la chair refroidie, et interdites par la loi de contester la décision médicale devant les tribunaux.
Vos aiguilleurs de la mort veilleront même à ce que l’amour familial ne fasse aucune « pression » pour convaincre le malade de renoncer à la dose létale, tandis que ce dernier ne sera instruit des souffrances physiques et des complications de la substance qu’après avoir irrévocablement signé son arrêt de mort.
Pour que la machine tourne sans accroc, vous piétinez les consciences. Le médecin objecteur est contraint de devenir complice en désignant lui-même son remplaçant exécuteur sous peine de sanctions.
Les établissements privés, y compris religieux, perdent leur âme et sont forcés d’ouvrir leurs portes aux brigades mobiles de la mort, sous peine d’étranglement financier.
Les pharmaciens, privés de clause de conscience, sont réduits à préparer le poison sous peine de poursuites disciplinaires.
Et pour quel infâme troc ? Tous les amendements visant à séparer l’euthanasie des prélèvements d’organes ont été rejetés : la chair humaine devient un stock, un gisement de reins, de cœurs et de foies pour une Santé publique comptable de ses flux.
Le contrôle de cette boucherie aseptisée se fera post-mortem, sur le seul rapport du médecin bourreau, devant une commission d’opérette où les juges sont noyés sous les arguments hypocrites de sociologues comptables.
Et c’est la Sécurité sociale, c’est-à-dire l’impôt et les cotisations de tous les Français, qui financera ce permis de tuer.
Monsieur le Président…. À l’heure où dix pour cent des Français survivent sous antidépresseurs, où un million de citoyens sont éligibles à cette loi selon la SFAP, et où vingt départements ne disposent d’aucune unité de soins palliatifs, ce texte n’est pas un progrès.
C’est une opération comptable. L’évaluation de la Fondapol en 2025 résonne comme un couperet : la mort anticipée permettra d’économiser 1,4 milliard d’euros par an, en frais de santé et de retraite.
Les personnes séniles, grabataires, atteintes de déficiences mentales sont aujourd’hui directement menacées de suppression. Le consentement que vous invoquez est un leurre dans une civilisation qui culpabilise le malade d’être un fardeau.
La chair humaine n’est pas un code à optimiser, elle n’est pas une variable d’ajustement budgétaire. Car le Coeur est dans la chair. Elle est tabernacle du Verbe, informée et animée par Lui.
En livrant les plus vulnérables à la seringue anonyme d’une médecine devenue distributive, vous brisez le pacte anthropologique qui nous unissait.
Vous brisez la communion.
Et rejetez, hors de ses frontières, hors de son corps, ses enfants les plus irréductibles.
Je vous demande, Monsieur le Président, de reculer devant cet abîme. Car si votre loi passe, ce n’est pas la souffrance que vous aurez abolie, c’est notre humanité.
Mais sous le drap aseptisé de cette barbarie comptable, le lys refleurit…
Déjà
La France ce n’est pas rien,
la France,
C’est le parfum du Lys
Transperçant la Verticale
Des forêts d’ogives
Où la Vierge murmure
à l’ombre des grands chênes
La Promesse éternelle
D’un Roi
Désarmé des armées de l’Amour
Véronique Lévy


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