La mort en bas de soie

par | 14 Mai 2026 | Transhumanisme


Aujourd’hui la mort a mis ses bas de soie, sa robe de fête aux murmures d´éventail. Elle brise les éprouvettes, s’insinue au cœur des matrices, parfume les draps sales des mourants.

Elle vient.
En habit de lumière.
Elle lance ses artifices : « mort digne », « consentement à mourir»… Oui, glissement induit, sous son regard absinthe. Elle est si douce, la mort… un self shoot ultime pour un départ sans bavure, ni miasmes.

Aseptisée est la nuit.

La loi Clays portait le masque des directives anticipées, testament pré-mortem, consentement à la sédation profonde et continue, occultant la torture de la faim, mais surtout de la soif. L’organisme lâche en trois jours, une semaine pour les plus robustes…

Sous midazolam.
Sous sédation profonde et continue, c’est entendu… Pas assez pour mater l’horreur de la bouche grande ouverte, suffocant sous les vagues de feu d’une soif volontairement inextinguible.

Par un glissement sémantique, un tour de passe-passe pervers corrompant le sens, l’alimentation et l’hydratation ne sont plus des soins, ultime caresse d’humanité, mais un « traitement ». Voici le piège mortel de la loi Clays. Grand ouvert, sous le maquillage humaniste des « directives anticipées. »

Le clown attend, il vous attend… aux coulisses de la loi. Sa collerette empesée vous fait sourire ? Elle cache la torture. De la soif.

Alors, dans ce contexte patiemment orchestré de petites mains impeccables, gantées de légitimité médicale, au parfum d’éther et de gaz hilarant,

La mort s’invite en bas de soie.

Son parfum d´acier est pur, « miséricorde » glacée d’un système scellé. Performatif. Rentabilisant les vies des surnuméraires. Les corps périmés seront recyclés en dons d’organes, de foies, de reins, de coeurs, sonnant et trébuchant dans l’escarcelle de la Santé publique… Qui, sous son uniforme collectiviste, est inféodée aux laboratoires privés, aux flux financiers dont les vies, vos vies, sont les lignes à optimiser ou à liquider. Sans odeurs. Sans sueur, ni sang ni larmes.

Un self shoot ou sous mandat. Tel est le contrat de l’internationale libérale qui collectivise vos chairs pour les investissements d’une officine privée, officiant à camp ouvert d’un paradis artificiel.

Souriez ! Ultime capture d’image. Souriez ! Les dents sales des mourants seront cousues dans le silence d’une joie factice. Souriez ! La mort s’avance en bas de soie… frous-frous de neige alcoolisée. Plus de soif. L’éther d’un néant sans parfum ni visage ni amour, lance son drap de craie sur votre ultime sourire.

Vous l’avez choisie n’est ce pas, la mort, cette tangente ultime, cristallisant son masque d’apparat.

Oui, la mort miséricorde appartient déjà à l’Histoire d’un programme innommable, l’Aktion T4… Vous, vous l’avez choisie, cette mort, un coup de seringue, un selfie fatal, trois petits jours et puis s’en vont… « dignement », sans témoins.

Vous l’avez choisie, en êtes vous si sûrs ? Aviez vous un autre récit, une fin plus tendre… celle de la main qui effleure, du visage qui se pose, de l’ultime baiser…

Aviez vous l’issue des nuits sans douleur, ni sang vomi, dans les hoquets d’une agonie interminable ? Les anti douleurs sont pour les riches n’est-ce pas… ceux qui paient. Ceux qui peuvent. Ceux qui savent. Vous, vous pointez à la fabrique de la douleur, puis de la soif, puis du consentement à la mort, comme vous avez pointé toute votre vie violée, aux scénarios officiels de vos maîtres. Eux qui ont colonisé vos atomes, votre souffle, votre sang.

Une mort sans odeur, ni douleur… On vous a menti. Les joueurs de flûte vous attirent à la chambre funéraire. La lourde porte d’acier claque sans retour, ni combat.

Car parfois le corps suffoque, la bouche hurle dans un cri étouffé. Le souffle résiste. La vie rebelle se cabre, renversée, sous l’étranglement du midazolam. La bouche grande ouverte déchire votre visage, mais nul ne l’entend.

Parfois, à deux mains sous l’oreiller, un médecin vous aide, à partir « proprement », quand le souffle récalcitrant s’entête à murmurer encore. Mais nul ne l’entend.

Véronique Lévy

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